Il est tard, vous êtes assis l’un sur l’autre, front contre front, et rien ne bouge. Juste le souffle, qui se cale peu à peu sur celui de l’autre, et une chaleur qui monte sans que personne ne la pousse. Le sexe tao commence là : dans ce moment où l’on arrête de courir vers l’orgasme pour regarder ce qui se passe en chemin. Derrière le mot, une tradition chinoise vieille de plus de deux mille ans, et quelques gestes très concrets. Voici ce qu’est vraiment le tao sexuel, ses principes, les positions qui s’y prêtent, et comment l’essayer à deux sans y croire aveuglément.
Qu’est-ce que le sexe tao ?
Le sexe tao, qu’on tape aussi sex tao, taosex ou tao sexuel, désigne les pratiques sexuelles issues du taoïsme, la philosophie chinoise de l’équilibre et du « chemin ». Dans cette pensée, le désir n’est ni un péché ni un simple plaisir : c’est une énergie, que l’on peut gaspiller ou faire circuler. L’acte sexuel devient alors un art de l’attention, où la durée, le souffle et la retenue comptent plus que la performance.
Contrairement au Kamasutra, souvent réduit à un catalogue de postures, le tao ne prescrit pas de position obligatoire. Il pose des principes, et toutes les positions peuvent convenir tant qu’elles les respectent. C’est ce qui le rend plus accessible qu’on ne le croit : nul besoin de souplesse de yogi, il suffit de ralentir.
D’où vient le tao sexuel ?
Les plus anciens textes connus sur « l’art de la chambre à coucher » ont été retrouvés dans les tombes de Mawangdui, en Chine, scellées au IIe siècle avant notre ère. D’autres manuels, comme le Classique de la fille simple (Sunü jing), prennent la forme d’un dialogue où une initiatrice explique à l’empereur comment faire durer l’union et satisfaire sa partenaire. On y croise un vocabulaire imagé, la « tige de jade » pour le sexe masculin, la « porte de jade » pour le sexe féminin, et des conseils de rythme très précis.
En Occident, ces textes ont été popularisés au XXe siècle, d’abord par l’orientaliste Robert van Gulik et son étude de la vie sexuelle dans la Chine ancienne, puis par des enseignants contemporains comme Mantak Chia, qui en ont tiré des méthodes pratiques. Ce que l’on appelle aujourd’hui « tao sexologie » ou « tao sexualité » mélange souvent ces sources anciennes et des interprétations modernes : gardez cette distinction en tête quand on vous promet des miracles.
Les principes du sexe tao
Trois idées reviennent dans toutes les écoles, et ce sont elles qui changent la nuit :
- Le contact corps à corps : peau contre peau, ventre contre ventre. L’énergie circule par le contact, disent les textes ; plus prosaïquement, on sent mieux l’autre quand on le touche partout.
- Le souffle : respirer lentement, profondément, et si possible ensemble. C’est le levier le plus simple pour faire baisser l’urgence quand l’excitation monte trop vite.
- L’équilibre du yin et du yang : alterner l’actif et le passif. Celui qui mène lâche la main, celle qui recevait prend le rythme. Personne n’est spectateur.
À ces principes s’ajoute un rythme célèbre : « neuf superficiels, un profond ». Neuf va-et-vient légers, à l’entrée du vagin, puis une pénétration lente et profonde. Puis huit et deux, sept et trois, et ainsi de suite. L’effet est double : celui qui pénètre garde le contrôle plus longtemps, et sa partenaire reçoit une stimulation de l’entrée du vagin, très sensible, que les va-et-vient profonds négligent souvent.
Quelles positions privilégier en sexe tao ?
Toutes les positions peuvent fonctionner, mais certaines facilitent le contact, le regard et le souffle partagé :
- Le lotus (yab-yum) : l’un est assis en tailleur, l’autre vient s’asseoir sur ses cuisses, face à face, jambes autour de sa taille. On bouge peu, on se regarde, on respire ensemble. C’est la position emblématique du sexe tao.
- Le missionnaire lent : celui qui est au-dessus pose son poids sur les avant-bras, ventre contre ventre. Idéal pour pratiquer le rythme neuf-un et garder le contact visuel.
- La partenaire au-dessus : elle contrôle la profondeur, la vitesse et les pauses. Elle peut se pencher pour coller sa poitrine à celle de l’autre ou se redresser pour respirer.
- La cuillère : allongés sur le côté, l’un derrière l’autre. Peu de mouvement, beaucoup de peau, et une main libre pour caresser le clitoris.
- La levrette allongée : la personne pénétrée à plat ventre, l’autre allongé sur elle. Une variante de la levrette qui garde le corps à corps.
Un fauteuil tantra aide beaucoup pour le lotus et la position au-dessus : sa double courbe soutient le dos et soulage les genoux, ce qui permet de rester immobile longtemps sans fatigue.
Le contrôle éjaculatoire, sans mythe
C’est la partie la plus connue du tao sexuel, et la plus déformée. Les textes anciens conseillent à l’homme de retenir son éjaculation pour « garder son énergie ». Ce qu’on peut en retenir aujourd’hui, sans y mettre de promesse de santé, c’est un savoir-faire : l’orgasme et l’éjaculation ne sont pas tout à fait la même chose, et l’on peut apprendre à s’approcher du point de non-retour, à s’arrêter, puis à repartir.
En pratique : quand l’excitation devient trop forte, on cesse de bouger, on respire lentement, on contracte doucement le périnée, et l’on attend que la vague redescende. Puis on reprend. Répété plusieurs fois, l’exercice allonge le rapport et rend l’orgasme final plus intense. Il demande de l’entraînement, seul d’abord, et beaucoup d’humour à deux les premières fois.
Entre nous : ne faites pas de la retenue une règle absolue. Une nuit tao où l’on jouit à la fin, après une heure de montée et de pauses, vaut mieux qu’un exercice frustrant qu’on n’ose plus proposer.
L’essayer à deux : parler avant, ralentir pendant
Le sexe tao se propose plus facilement qu’on ne le croit : « Ce soir, on essaie de ne pas se presser ». Mettez-vous d’accord sur ce que vous voulez tester, le souffle, le rythme neuf-un, la retenue, et sur ce qui n’est pas obligatoire. Ensuite, pendant, parlez peu mais dites l’essentiel : plus lent, reste, encore.
Les limites sont simples. Si l’un des deux s’ennuie ou se crispe, on change. La retenue ne doit jamais devenir une contrainte imposée à l’autre, et une pratique qui provoque une gêne ou une douleur s’arrête. Le tao promet de la présence, pas une guérison : méfiez-vous des stages ou des livres qui vous vendent une santé de fer grâce à l’orgasme.
Si l’idée de ralentir vous parle, le slow sex en est le cousin moderne, sans la philosophie.
Vos questions, sans détour
Le sexe tao, c’est la même chose que le tantra ?
Non. Le tantra vient de traditions indiennes, le tao sexuel de la Chine. Les deux mettent l’accent sur le souffle, la lenteur et l’énergie, ce qui explique qu’on les confonde souvent.
Faut-il renoncer à éjaculer pour pratiquer le sexe tao ?
Non. La retenue est une technique parmi d’autres, pas une obligation. Beaucoup de couples en gardent le rythme et le souffle, et jouissent normalement à la fin.
Quelle est la meilleure position en sexe tao ?
Le lotus, face à face, est la plus emblématique. Mais le missionnaire lent et la position au-dessus marchent aussi très bien, tant que le contact et le souffle restent au centre.
Le tao sexuel s’adresse-t-il aussi aux femmes ?
Oui. Les textes anciens insistent sur le plaisir de la partenaire, et les approches modernes proposent aussi des exercices pour les femmes, notamment autour du souffle et du périnée.
Le sexe tao ne demande ni maître ni retraite en montagne : un soir sans réveil, un lit, et l’envie de ne pas se presser. Pour l’essayer dans un cadre fait pour ça, les love rooms coquines offrent la nuit entière, un spa pour respirer entre deux étreintes, et parfois le fauteuil qui rend le lotus confortable. Choisissez une date, et commencez par vous asseoir face à face.




